Résumé actualisé (2026)
Les techniques attachantes : repenser les modalités et finalités du mode conception et de perfectionnement d'une technique de fabrication.
Ma thèse s’inscrit dans un contexte de remise en cause — eu égard aux impératifs écologiques — des modes de production d’objets matériels. Cette dernière découle d’enjeux à la fois économiques, sociaux et environnementaux et vise, principalement, la définition de nouvelles manières de concevoir ainsi que de mettre en œuvre les procédés servant à la production d’objets d’usage grand public. Elle s’articule autour d’une problématique centrale : comment le design de techniques de fabrication d’objets, en tant que medium mettant en relation les humains et le monde, peut-il contribuer à reconfigurer les « liens d’attachement » — notion étudiée par Bruno Latour et Charles Stépanoff ?
Cette question est examinée à partir d’un terrain expérimental tout à fait particulier afférant au développement, amorcé au cours de cette première année de thèse, d’une chaîne artisanale d’impression manuelle d’artefacts ; cette chaîne, établie sur la commune de Pléchâtel et ses environs, exploite un matériau biosourcé issu de la filière du lin. L’enjeu ici principal est donc d’évaluer comment le design de procédés de fabrication peut participer d’un renouvellement des liens entre humains, non-humains et milieux, fort des apports croisés de l’anthropologie contemporaine, de l’écosophie et de la philosophie de l’environnement, de l’ingénierie, etc.
Cette recherche doctorale présente la particularité — l’originalité sans doute — d’engager la création d’un nouvel artefact, appelé lui-même à devenir un support d’interrogation de notre rapport aux techniques. La démarche considère, en effet, les techniques de fabrication comme des objets de design à part entière lesquels sont susceptibles d’être appréhendés comme des dispositifs relationnels. Elle développe ainsi une approche de recherche articulant expérimentation pratique, enquête ethnographique et élaboration théorique dans le but de construire un cadre d’analyse pouvant être transposé à d’autres situations de design.
L’itinéraire qu’emprunte cette recherche est celui d’une bifurcation portée par plusieurs expériences de conception, d’enquête et de fabrication, dont l’articulation poïétique dessine un horizon commun : celui d’une reconfiguration de la manière de concevoir les objets techniques.